REVUE DE PRESSE REFERENCEMENT

 

Edito - Sylvain Bellaïche, PDG de Referencement .com

lesechos.fr [03/08/04 - 15H38]

Spécialiste en marketing de la recherche et PDG de Referencement .com, Sylvain Bellaïche estime que l'euphorie qui entoure l'introduction en Bourse de Google occulte une autre réalité.

L'introduction en Bourse de Google provoque un engouement sans précédent, à l'image de son moteur, qui bat des records de vitesse d'indexation de contenus, temps de réponse, de mise à jour de l'information, mais aussi du plus grand nombre de pages indexées (plus de 4 milliards).
Au regard des 200 millions de requêtes effectuées chaque jour sur le moteur de recherche, cette opération de 36 milliards de dollars - 20 fois plus que l'investissement de départ du moteur dans son programme d'achat de mots clés Ad Words - valorise chacune de ces requêtes à 2 dollars. Le prix d'introduction de Google ne résulte cependant pas d'une spéculation de type « bulle Internet » : il reflète la maturité d'un marché, passé d'un stade quasi artisanal à celui de véritable industrie, grâce à une rupture technologique majeure.

Mais si Google mise sur son capital sympathie auprès des internautes, arrivera t-il à assumer institutionnellement son leadership ? En ouvrant son capital, il s'expose. Et face à des concurrents de poids, il doit définir clairement son modèle économique, au risque de modifier l'image de gratuité et de performance qui a fait son succès.

Une stratégie à définir face à une concurrence acharnée
Deux options s'offrent à lui aujourd'hui : rester sur le marché de la recherche pure et se heurter à Microsoft (MSN), ou se diversifier à l'image d'un Yahoo.
Si les acquisitions de ces derniers mois (Picassa, Neotonic Software, Ignite Logic) tendent à éloigner Google de son coeur de métier (photos numériques, courriers électroniques, création de sites web...), ces choix apparaissent risqués. D'autant que le moteur semble retarder le moment fatidique de la commercialisation de ses produits. Google doit ainsi transformer ses versions Beta Test (Froogle, Catogle), en l'état depuis plus de 2 ans, en versions définitives, et se préparer à riposter aux concurrents qui se bousculent sur le très juteux marché du «marketing de recherche»
Yahoo ! en fait partie. Depuis plus de 18 mois, son président Terry Semel a recentré avec succès ses efforts sur le métier historique de Yahoo !, le marketing de recherche, via l'acquisition d' inktomi, Overture, Fast, Altavista, Kelkoo. Grâce à Overture, leader des deux côtés de l'Atlantique sur la commercialisation des liens promotionnels, la société couvre le reste du marché et génère des revenus importants.

Mais Google doit surtout se méfier de MSN, son principal concurrent et, de loin le plus puissant. En attendant la sortie en 2006 d'une fonctionnalité de recherche sur Internet directement intégrée à Windows, MSN a lancé sa technologie de recherche dans 28 pays et 11 langues. But de cet outil : limiter le besoin pour l'internaute d'utiliser d'autres moteurs, dont Google, pour effectuer des recherches sur le Net.
Enfin, le danger peut venir d'outsiders comme Findwhat qui, rachetant les réseaux Espotting en Europe, mène une stratégie de franc tireur et de niche, ou encore Infospace, l'équivalent des pages jaunes américaines, qui comble son retard à toute vitesse.
Tous ces éléments peuvent conduire à enrayer la progression de Google, voire à le couler, comme cela s'est déjà produit avec Netscape il y à peine cinq ans. A moins que Google nous prouve, une fois encore, qu'il est incomparable…

Lesechos.fr

 


 







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