REVUE DE PRESSE REFERENCEMENT

 

Réferenceur : bien se placer sur le marché de l'emploi

[01/02/2007] Emmeline Ratier jdn
 

Nouveau métier apparu avec la naissance des moteurs de recherche, le spécialiste en référencement est aujourd'hui largement sollicité par les annonceurs. Le point sur le profil des référenceurs.

Profil technique ou marketing ?
Le métier de référenceur a évolué depuis sa création. Apparues avec les moteurs de recherche, les missions de ce dernier se sont multipliées pour donner naissance à différents profils, évoluant entre technique, marketing et rédactionnel.

Au départ, le référencement n'était qu'affaire de technique. Il s'agissait de comprendre les algorithmes des moteurs et de chercher à les amadouer en répondant mécaniquement à chacun des points. Aujourd'hui, ajouté à la technique, le marketing est devenu une arme décisive (lire l'article Référencement : où en est-on ? du 26/06/2007). Les moteurs ont su imposer un critère qualitatif qui a fait basculer le référencement vers de nouvelles valeurs.

Parmi les profils les plus recherchés par les annonceurs Web et les agences de référencement : celui de consultant. Audit du site et de ceux de la concurrence, recommandations, mise en place du cahier des charges, élaboration de la stratégie de mots-clés et suivi du positionnement : son champ d'action couvre l'ensemble du processus d'optimisation.

"Le consultant est amené à avoir une réflexion stratégique sur les sites. Il doit être capable d'établir des reportings et des explications sur les statistiques", détaille Cesar Henao, directeur général associé de Referencement.com, spécialiste du marketing de recherche.

Un consultant travaille généralement en binôme avec un référenceur technique, ou un optimiseur. "Ce dernier baigne dans l'univers technologique des sites Web. Spécialisé dans la techniques et les langages de programmation, il détecte les éléments des pages Web pour les rendre accessibles aux moteurs", annonce Cesar Henao.

De nouveaux métiers dans le référencement voient le jour. Parmi les postes émergents, celui de chargé de contenu Web. Ce profil a été créé par les besoins des moteurs, ces derniers ayant donné plus de crédits aux sites de contenu.

Dans un premier temps, les référenceurs se contentaient de placer des mots-clés ici et là sans vraiment se soucier de la qualité et du rendu final. Aujourd'hui, le travail est plus appliqué et il s'agit de doser savamment mots-clés et utilité pour intéresser et fidéliser aussi bien l'internaute que les robots des moteurs.

Des missions en agence ou chez l'annonceur
Pour les référenceurs, le marché de l'emploi propose deux voies possibles : travailler en agence ou directement chez l'annonceur. Chacune de ces voies proposant des missions totalement différentes.

En agence, le spécialiste travaille sur les problématiques de plusieurs clients. Une position qui nécessite une adaptation en permanence aux thématiques et multiples besoins. "La diversité des sujets abordés apporte un dynamisme au poste. Il demande cependant une réactivité permanente et pousse à aller plus loin dans la recherche de solutions", explique Bertrand Hamelin, executive SEO chez LSF Interactive [Ndlr : Search Engine Optimization].

En plus de ce renouvellement constant, les spécialistes se côtoient en permanence, ce qui permet une certaine émulation. Il arrive également que les agences détachent le spécialiste chez le client.

Chez l'annonceur en revanche, le référenceur se concentrera sur le ou les sites du groupe. Généralement, le poste occupé va au-delà de l'optimisation pure et dure. Elle s'ajoutera en fonction des besoins et de la taille de l'annonceur à d'autres missions comme l'achat de liens sponsorisés, la gestion du contenu ou la création technique.

"Travailler directement chez l'annonceur permet de se concentrer totalement sur les besoins et de bénéficier de plus de ressources et de temps à la tâche", témoigne Baptiste Berthelemy, chef de projet Internet sur le site de vente de voyages packagés Le cercle des vacances. Une gestion du référencement et de l'optimisation qui s'imbrique en harmonie avec la politique globale du groupe.

Une formation sur le terrain
Jusque là, aucune formation diplômante ne préparait au métier de référenceur. Pour beaucoup d'acteurs sur le marché, la formation s'est faite directement sur le terrain. Comme en témoigne Stephane Nayet, référenceur technique à Lille : "la formation terrain est obligatoire, avec des heures et des heures de lecture, et de référencement dans les annuaires".

Au menu : lecture de sites d'information spécialisés, participation aux forums, suivi de l'actualité des moteurs et rencontres entre spécialistes.

Les agences de référencement sont vite devenues les écoles pour référenceurs. "Toute personne nouvellement engagée suit une formation interne", explique Cesar Henao de Referencement.com.

Face à la demande des entreprises, de nouvelles formations sont à venir dans le domaine du référencement. Au sein de l'IUT de Mulhouse, les étudiants pourront décrocher une licence professionnelle avec la spécialité "référenceur et rédacteur Web". Ce diplôme est actuellement en cours de finalisation pour la prochaine rentrée scolaire de 2008.

En alternance, le programme se divisera en trois grands pôles : informatique, communication et marketing. Parmi les matières étudiées figurent la formation aux outils de recherche, l'enseignement à la culture technique et l'apprentissage à l'écriture pour le Web.

Des profils expérimentés très recherchés
Pour devenir consultant junior, les agences de référencement recrutent généralement des profils Bac + 5. "Nous demandons la plupart du temps une expérience dans le marketing et la maîtrise d'une langue étrangère", détaille le directeur général associé de Referencement.com.

Baptiste Berthelemy, chef de projet Internet, donne la recette de son profil : "une prédominance marketing à 80 %, une part de technique à 20 % et un zeste de logique".

Pour prétendre au titre de junior confirmé, une expérience de deux ans est demandée dans le marketing de recherche avec la gestion d'un volume de clients conséquent. "Il ne suffit pas de connaître les règles. Il faut pouvoir les appliquer en temps imparti et être capable d'entretenir une relation pédagogique avec des clients", ajoute Cesar Henao.

En moyenne le salaire d'un spécialiste référencement oscille entre 28 et 50 Keuros par an, en fonction des profils et missions. Un salaire qui atteint vite le haut de la fourchette pour les profils expérimentés, plus difficiles à recruter.

Source : Journal du Net - Solutions